Un Ă©vĂ©nement survenu dans ma vie rĂ©cemment m’a poussĂ©e Ă  la rĂ©flexion autour de ce sujet et sur le rĂŽle de la gentillesse. 

Il y a une dizaine de jours, ma grand-mĂšre nous a quittĂ©. Durant ces quelques jours de recueillement, beaucoup de personnes de la famille, des connaissances et des amis se sont succĂ©dĂ©s pour lui rendre hommage. Ces moments lĂ  sont toujours propices Ă  partager ensemble des souvenirs, des anecdotes sur le dĂ©funt. J’ai Ă©coutĂ© chacune de ces personnes  se remĂ©morer les moments partagĂ©s avec mes grands parents . J’ai beaucoup aimĂ© les Ă©couter, percevoir dans leurs souvenirs une nouvelle version de nos ĂȘtres chers que l’on ne connaissait pas. Et j’ai constatĂ© qu’Aucun d’eux n’a mentionnĂ© ma grand-mĂšre sans que ne suive le nom de mon grand-pĂšre. Je n’ai pas eu la chance de connaĂźtre mon grand-pĂšre, dĂ©cĂ©dĂ© 34 ans plus tĂŽt. J’ai grandi en  n’ayant eu de lui que les versions qui existaient dans les souvenirs des personnes qui l’ont connu. Et tous sont unanimes: pour eux, mon grand-pĂšre Ă©tait une « bonne personne Â», gĂ©nĂ©reuse et altruiste. Il possĂ©dait peu de choses mais il avait un bon cƓur qu’il partageait avec enthousiasme malgrĂ© une enfance difficile. Il a connu la pauvretĂ©, l’abandon, le rejet et la maltraitance. 

Je suis intimement convaincue au fond de moi que personne ne naĂźt mauvais mais je suis aussi convaincue que si nous ne sommes pas responsables de nos blessures, nous sommes en revanche responsables de l’intensitĂ© Ă  laquelle on les laisse nous changer. 

đˆđ„ đ§â€™đČ đš đ©đšđŹ đđž đ›đšđ§đ§đžđŹ đšđź  đđž đŠđšđźđŻđšđąđŹđžđŹ đ©đžđ«đŹđšđ§đ§đžđŹ, đąđ„ đ§â€™đČ đš đȘ𝐼𝐞 đđžđŹ đ©đžđ«đŹđšđ§đ§đžđŹ đȘ𝐼𝐱 đ„𝐚𝐱𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 đ„đžđźđ«đŹ đ›đ„đžđŹđŹđźđ«đžđŹ đ„𝐞𝐬 đœđšđ§đđąđ­đąđšđ§đ§đžđ« đšđź đ§đšđ§. 

Depuis l’enfance, Je ne compte plus le nombre de fois oĂč au cours de ma vie on m’a rĂ©pĂ©tĂ© cette phrase: « trop bon, trop con Â», toutes ces fois oĂč on a associĂ© la gentillesse Ă  de  la faiblesse, ou Ă  de la naĂŻvetĂ©. Et quand je pense Ă  mon grand-pĂšre, sans doute que  dans sa gĂ©nĂ©rositĂ© naturelle, lui non plus n’a pas comptĂ© le nombre de fois oĂč son cƓur a Ă©tĂ© piĂ©tinĂ©, abusĂ©, et pourtant quand j’entends la maniĂšre dont on parle de lui, quand je vois Ă  quel point 34 ans aprĂšs, les souvenirs sont toujours aussi intacts dans la mĂ©moire de ceux qui l’ont cĂŽtoyĂ©, je me dis qu’il avait en lui quelque chose d’inestimable: il avait la FOI. MalgrĂ© ses traumatismes, mon grand-pĂšre a choisi de continuer Ă  croire en l’humain, il a choisi l’amour, il a choisi de croire en la vie. Il serait comprĂ©hensible aprĂšs des traumatismes, de cĂ©der Ă  la colĂšre, Ă  la rancƓur, Ă  la vengeance, cela fait partie aussi de notre condition d’humain, il est naturel et mĂȘme sain de les ressentir. En revanche, ce qui est triste, c’est lorsque la colĂšre prend le contrĂŽle entier de notre ĂȘtre et nous dĂ©pouille de notre sensibilitĂ©. Combien de personnes y cĂšdent et verrouillent leur cƓur aprĂšs des dĂ©ceptions ? On m’a souvent rĂ©pĂ©tĂ© que la gentillesse n’a plus sa place dans ce monde parce qu’elle est faiblesse et vulnĂ©rabilitĂ©, et pourtant quand j’écoute le rĂ©cit de la vie de mon grand-pĂšre, je me dis quel courage il a eu, quelle force que de cultiver chaque jour de sa vie, la foi, l’espĂ©rance, quel courage d’avoir incarner et diffuser, sa vie durant, sa gĂ©nĂ©rositĂ©.

C’est vrai que ça pourrait ĂȘtre plus simple de cĂ©der Ă  la douleur, Ă  la colĂšre, ce serait peut ĂȘtre plus simple aprĂšs tout de dĂ©tester l’humain, parfois on se demande pourquoi on continue Ă  partager sa gentillesse quand beaucoup ne savent plus l’apprĂ©cier. Ce serait peut-ĂȘtre plus simple de cĂ©der Ă  l’aigreur, Ă  sa dĂ©ception pour ĂȘtre dans la mĂȘme Ă©nergie que la majoritĂ© des personnes qui nous entourent ,et pourtant, ce qui nous retient, c’est de savoir au fond de soi que de cĂ©der , ce serait nous abandonner, ce serait passer sa vie Ă  se battre contre une partie de soi, ça serait passer sa vie Ă  ĂȘtre dissociĂ© de son ĂȘtre vĂ©ritable, ça serait passer sa vie Ă  se forcer Ă  ĂȘtre quelqu’un que l’on n’est pas par peur d’ĂȘtre qui on est. Vouloir Ă©viter de souffrir, c’est dĂ©jĂ  se condamner Ă  la souffrance. 

Et puis, on se souvient Ă  quel point ça fait du bien de cĂŽtoyer la gentillesse et la bienveillance. On a l’impression qu’elle se rarĂ©fie et cela nous pousse Ă  l’apprĂ©cier davantage lorsqu’elle croise notre route. On se souvient Ă  quel point, c’est agrĂ©able les marques de gentillesse et Ă  quel point on en a besoin, Ă  quel point ça redonne foi en l’humain. De cĂŽtoyer ces personnes qui n’ont jamais arrĂȘtĂ© d’ĂȘtre elles-mĂȘmes, qui n’ont jamais laissĂ© les Ă©preuves de la vie changer leur vraie nature.

Je ne crois pas que les personnes gentilles soient faibles, je pense au contraire que cela demande beaucoup de courage de continuer Ă  l’ĂȘtre dans ce monde qui s’évertue Ă  nous faire croire le contraire. Peut ĂȘtre que cent fois, ces personnes en ont eu l’envie et pourtant ce sont des personnes qui ne se sont jamais rĂ©signĂ©es. Peut-ĂȘtre que certains diront que c’est une une grande folie que d’ĂȘtre gentil, mais Ă  chacun sa folie, il faut bien l’ĂȘtre un peu pour survivre dans ce monde. 

MĂȘme si le monde nous fait croire qu’il n’a pas besoin de gentillesse, il en a au contraire terriblement besoin. Si on est un tant soit peu sensible dans ce monde, on sera certes Ă©corchĂ©s, meurtris Ă  plusieurs reprises mais rappelons nous que nous n’avons pas Ă  avoir honte de notre gentillesse, mais ce sont Ă  ceux qui ne savent pas apprĂ©cier la beautĂ© du cƓur d’avoir honte. 

À l’inverse des croyances, ĂȘtre gentil n’empĂȘche pas pour autant de poser fermement ses limites aux autres. C’est que m’aura appris mon grand-pĂšre. 

ArrĂȘtons de vouloir ĂȘtre de  « bonnes Â» personnes Ă  tout prix mais n’arrĂȘtons jamais de vouloir ĂȘtre soi.

 Vous rencontrerez beaucoup de personnes qui ne sauront pas apprĂ©cier votre gentillesse et qui en abuseront mais vous croiserez Ă©galement beaucoup de personnes pour qui votre gentillesse ravivera leur foi en l’humain. 

J’ai ce mantra qui m’accompagne depuis plusieurs annĂ©es: « đ‘°đ’đ’„đ’‚đ’“đ’đ’đ’đ’” đ’đ’† đ’•đ’šđ’‘đ’† đ’…đ’† đ’‘đ’†đ’“đ’”đ’đ’đ’đ’†đ’” đ’’đ’–đ’† đ’đ’đ’–đ’” đ’‚đ’Šđ’Žđ’†đ’“đ’Šđ’đ’đ’” đ’“đ’†đ’đ’„đ’đ’đ’•đ’“đ’†đ’“. 𝑬𝒕 𝒏𝒐𝒖𝒔 𝒂𝒕𝒕𝒊𝒓𝒆𝒓𝒐𝒏𝒔 𝒄𝒆 𝒕𝒚𝒑𝒆 𝒅𝒆 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒏𝒐𝒔 đ’—đ’Šđ’†đ’”Â»

L’important n’est pas de savoir si on a Ă©tĂ© une bonne personne pour les autres mais, c’est plutĂŽt de savoir si au cours de notre vie, on a Ă©tĂ© vrai avec soi.

Voici ma conclusion:

𝐋𝐚 đ đžđ§đ­đąđ„đ„đžđŹđŹđž, đœâ€™đžđŹđ­ đ„â€™đšđ«đ­ đâ€™đšđŻđšđąđ« đŸđšđą đžđ§ đ„â€™đĄđźđŠđšđ§đąđ­Ă©. 

đŸ–‹ïžÂ đ‘łđ’Šđ’”đ’‚Â 

Laisser un commentaire