Après tout ce qu’il venait de vivre, il ne perdit pas de temps, décrocha son téléphone et prit rendez-vous avec la psy que lui avait conseillé son médecin généraliste.

Non mais sérieusement! Même dans une mauvaise série Z de télévision ça ne fonctionne pas comme cela. A aucun moment consulter un psy, quelque soit le suffixe que l’on ajoutera à psy, ne se fera aussi facilement pour quelqu’un. Personne ne prend un rendez-vous avec une telle facilité. Il y a un minimum de questions intérieures (le genre de questions totalement inavouables) qui se posent avant d’oser décrocher son téléphone (oui je suis Vieille France, même si mes enfants diraient que je suis vieille tout court, et je prends mes rendez-vous par téléphone, mais mon propos fonctionne aussi avec la prise de rendez-vous en ligne)

Photo H.Selme

Et vous savez pourquoi ce n’est pas aussi simple comme démarche? Parce que ça fait peur cette histoire. Ça fiche même à certain une trouille du feu de dieu. Allez voir un psy? Non mais jamais, je ne suis pas fou/folle. Je peux m’en sortir seul(e). Je n’ai besoin de personne (en Harley Davidson). Les petits bobos (maux de tête, brûlures d’estomac, maladies à répétition, douleurs, etc…) à répétition passeront, c’est juste parce que je suis fatigué(e). Je dormirai mieux quand je serai enfin en vacances, quand j’aurais bouclé ce dossier/projet, quand les enfants iront mieux, quand et quand et quand… La prise/perte de poids: pas d’inquiétude, j’ai encore de la marge. La poitrine qui serre? Bon ça ça fiche un peu plus la trouille, mais je sais quand je dois consulter, je maîtrise complètement. Et puis qu’est-ce qu’il va faire le psy? Parler? Me suffit d’aller boire un coup avec les potos, ça me reviendra moins cher. Et puis qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui raconter à ce psy? J’ai pas envie de m’étaler sur ma vie. Et puis il y a des choses, je n’ai pas envie que quelqu’un d’autre le sache. J’ai trop honte pour que qui que ce soit le sache de toute façon. Et bien, vous savez quoi? C’est normal d’avoir peur d’oser cette démarche.

Aller voir un psy, c’est quand même un truc de dingue. Déjà, il y a au bas mot, 20 suffixes à coller derrière psy (j’ai pas vérifié le nombre exact de suffixes, mais si tu as l’info, je suis preneuse). Et puis, comment on choisit son psy? Pour tout te dire, je n’en sais rien du tout. Enfin si j’ai bien quelques pistes, mais ce n’est pas une recette infaillible qui donnera lieu à un de ces articles qui te promet la solution en 5 ou 7 points hyper précis. C’est le fruit de mon expérience professionnelle mais aussi personnelle. Parce que j’ai un scoop pour toi : les psy vont consulter des confrères psy. C’est même un gage de professionnalisme à mon sens. Parce que, comment tu peux accompagner des personnes dans leur cheminement, seul(e), dans ton coin, sans garde-fou, sans personne qui remet en cause ce que tu penses comprendre d’une situation de vie? Comment tu peux prétendre comprendre ce que vivent les gens que tu accompagnes si tu n’en as pas fait l’expérience? Comment, connaissant le fonctionnement humain, peux-tu prétendre ne pas avoir besoin d’un coup de main pour apprendre à connaître les tiens de fonctionnements? Pour en revenir à nos moutons, pour choisir un psy, j’ai envie de te dire : fies-toi à ton instinct! Si le/la psy ne t’inspire pas, n’y va pas. Si pendant la première séance, tu ne t’es pas sentie à l’aise, n’y retourne pas. Ne te prends pas la tête et fais-toi confiance sur ce coup-là.

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Aller voir un psy ça ne signifie pas être fou/folle, loin de là. C’est même parce que tu n’es pas fou/folle, que tu peux choisir d’aller consulter un psy. Aller voir un psy, c’est faire le choix d’avancer dans sa vie, c’est choisir d’être en paix avec son passé, son avenir et profiter du présent. C’est avoir envie de devenir une meilleure version de soi. C’est qu’au delà de prétendre au bonheur, tu te fais réellement le cadeau d’être heureux. Que ce soit pour des tracas du quotidien ou des tranches de vie plus épaisses, que ce soit pour régler un problème ou pour se libérer, que ce soit pour soulager un symptôme ou pour s’émanciper, quelque soit ce qui te motive, tu peux oser le bien être. Tu retrouveras alors le plaisir sous toutes ses formes. Plaisir du coeur, du corps, de la liberté, du soulagement, de la créativité, du savoir, de l’écriture, de l’improvisation, d’oser, de se dépasser, de repousser ses limites, de danser, de jouer, d’inventer. Plaisir d’être pleinement soi.

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Tu n’es pas convaincue? C’est ok, parce que ce n’est peut-être tout simplement pas le bon moment. Peut-être ne pousseras-tu jamais la porte du cabinet d’un psy et c’est ok, parce que tu as en toi la capacité de sublimer les événements de la vie.

Mais si tu as envie, si tu es curieux, si tu penses que c’est le moment, alors n’hésite plus : prends ton téléphone, ton clavier d’ordinateur ou ton smartphone et ose te faire le cadeau

D’ÊTRE TOI

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